Soyez les bienvenus sur le blog de Claire Rendu, thérapeute familiale* et formatrice en communication

Conférence-Débat du 7 avril dernier à Châtillon : un rendez-vous réussi !

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Cest devant une assemblée attentive que Claire a détaillé les outils et mots clés de la thérapie familiale. Le but de cette soirée, parrainée par la paroisse de Châtillon, était d’ouvrir le débat sur toutes ces situations qui, de la plus anodine à la plus complexe, font de certaines familles des lieux de souffrance et d’incompréhension. Claire, forte de son expérience professionnelle mais aussi de sa foi chrétienne, a illustré ses propos de cas de figure bien précis, le maître mot restant toujours l’Amour et le respect qui doivent animer et guider les relations familiales.

Les échanges ont été nombreux, quelques témoignages personnels inattendus ont donné à cette rencontre une consistance particulière et une profondeur qui n’a échappé à aucun des participants. Pour preuve, certains rendez-vous ont déjà été pris afin de donner une suite encore plus concrète à cette première soirée.

SEPARATION



La famille peut être le lieu du réconfort, elle est cependant souvent celui de l’expression des exaspérations et le lieu où se déversent les tensions et le stress venus pour beaucoup des contextes de vie extérieurs à la famille, mais également des situations de vie partagées dans une certaine promiscuité au sein même de la famille.


............De même, les parents, et ceci afin que des portes puissent s’ouvrir pour leurs enfants, ont pour mission de les éduquer, plus même de les élever et encore de les éveiller à une vie qui ait du sens.

Quand les parents ont du mal à exercer cette mission, quand les enfants expriment plus ou moins clairement leurs difficultés, faire le point ensemble (par exemple avec quelques entretiens familiaux) peut suffire à remettre en place une ambiance familiale qui fasse du bien à chacun. Je vérifie chaque jour dans l’exercice de mon métier de thérapeute familiale qu’il suffit souvent de peu de chose pour qu’une famille retrouve confiance en elle : chercher l’intention qui est toujours positive et qui sous-tend les comportements de chacun des membres de la famille, pointer les besoins de reconnaissance de chacun, accueillir la douleur de ceux qui souffrent, en faciliter l’écoute et la compréhension par tous.


Savoir faire la part des choses


Proposer aux parents de se poser et de prendre conscience de ce qui est vraiment important pour eux les amènent à faire le tri dans leurs exigences vis-à-vis de leurs enfants et à mieux cibler leurs demandes ; cette prise de conscience suffit souvent à rassurer les parents qui s’aperçoivent qu’ils savent tenir les exigences dans les domaines importants pour eux et relâcher la tension dans d’autres domaines.

Apprendre aux parents quelques outils pour mieux écouter leurs proches, les comprendre et ainsi les aider. Voir comment formuler les demandes pour qu’elles soient mieux reçues.

Ainsi les parents peuvent jongler entre leurs différents rôles : conforter, poser les limites, autonomiser. La famille peut rester un lieu de ressourcement, de soutien, de proximité affective et de reconnaissance.

Pour certaines situations avec des souffrances plus installées, je peux proposer une recherche plus approfondie et un travail sur les places de chacun lors d’une séance qu’on appelle « reconstruction familiale ». Je suis souvent émerveillée et me demande si ce travail qui facilite les réconciliations ne permet pas d’accéder à quelque chose de l’ordre d’une libération correspondant aux promesses de Jésus. En tout état de cause la famille est toujours gagnante au niveau de la compréhension des uns par les autres, de la pacification des relations et des positionnements et places plus justes pour chacun de ses membres.


Avoir de la tendresse pour cette « entité impalpable » qu’est une famille et oser le lui montrer !

SEPARATION

Avec KTDimanche : la richesse des rencontres avec les parents.



Claire et son mari Christophe ont animé durant plusieurs années des ateliers parents dans le cadre des "KTDimanche" de la paroisse de Châtillon, formule de catéchèse parents/enfants.
Claire a décelé une réelle attente de conseils chez de nombreux parents rencontrés à cette occasion. Comment gérer les conflits, fixer des limites, être à l'écoute sans être laxiste ?... Cette proposition de conférence débat est d'une certaine façon une réponse à cette attente et s'adresse plus généralement à tous ceux qui se sentent concernés par les enjeux de la vie familiale.



Journal Mosaïques - Juin 2008

Les ateliers parents :
apprendre l’écoute

En collaboration avec Thierry Glaisner, diacre à Châtillon, Claire anime avec son époux Christophe les “ateliers parents” de KT Dimanche. Pour elle, répondre à l’appel, c’est d’abord mettre à profit son expérience pour favoriser la réconciliation par l’écoute et le dialogue.

Mon métier, formatrice en communication interpersonnelle, puis thérapeute familiale, m’a donné le goût et des outils pour faciliter la communication ; mais je crois que c’est peut être encore plus l’envie d’écouter et de favoriser la parole de notre fille sourde qui m’a le plus appris l’importance de la parole de l’autre. J’ai l’immense chance d’aider les familles, les couples à mieux se comprendre, à se réconcilier, à mieux prendre en compte la perception de chacun de leurs membres.

Ne pas juger mais aimer
Et cela commence par ne pas juger ceux-là mêmes qui vous donnent leur confiance, en vous livrant humblement leurs difficultés. Et bien plus que de ne pas juger c’est être touchée, aimer, mais aimer chacun des membres de la famille, même celui qui quelque fois fait vraiment souffrir les autres, c’est entendre l’appel qu’il y a presque toujours derrière un comportement dérangeant, c’est voir comment ce qui bouscule, cristallise des souffrances de la famille. Et c’est de toute façon croire en chacun des membres d’une famille pour qu’en lieu et place d’agir de manière parfois inappropriée, la famille puisse remobiliser ses ressources.
Savoir que grâce à une solidarité réorganisée, reconnue, beaucoup de problèmes peuvent être réglés et si ce n’est pas possible, accompagner la famille, avec délicatesse, en reconnaissant sa souffrance et favoriser l’accueil de certaines limites.

Un dimanche par mois

Participer à l’animation des groupes de parents des enfants catéchisés le dimanche sur Châtillon repose sur les mêmes convictions : la parole dechacun est importante et que l’on doit être au service du groupe en établissant un climat favorable à l’expression de chacun. La clé, le résultat en sont un enrichissement pour tous. Il se passe quelque chose dans une famille, dans un groupe : la parole vraie des uns et des autres résonne dans l’espace de temps entre deux rencontres et la joie partagée du chercher ensemble diffuse une unité entre les participants qui semble bien être au minimum, du respect ou de la reconnaissance et même beaucoup plus de l’amour…
Claire Rendu
KT Dimanche : paroisse de Châtillon
à Notre-Dame du Calvaire.


SEPARATION

* Qu’est-ce que la thérapie familiale ?

Apparue aux Etats-Unis, la thérapie familiale s’est appuyée sur diverses disciplines : sociologie, biologie, psychanalyse, etc. Gregory Bateson, zoologiste et anthropologue, a ouvert la voie à l’école de Palo Alto, fondée en 1959, où il a commencé par étudier la schizophrénie avec des psychiatres comme Erickson ou Paul Watzlawick. Ils développèrent ensuite une approche de la famille comme système (thérapie systémique*) et mirent l’accent sur les phénomènes de communication. Le véritable pionnier de la thérapie familiale "sur le terrain" est Nathan Ackerman, pédopsychiatre et psychanalyste, qui, en observant dans les années 30 des familles touchées par la crise économique, a perçu l’importance des facteurs sociaux et familiaux aussi bien qu’individuels. En France, les premiers centres de thérapie familiale n’ont ouvert qu’à partir de 1980.

(Source Psychologie.com)

*La thérapie systémique prend en compte les structures qui composent la famille et ses règles de vie. Les séances se déroulent en groupe, avec un ou deux thérapeutes. Cette approche permet la prise de conscience des dysfonctionnements par chaque membre de la famille puis par toute la famille.

Et maintenant comment se déroule une séance de thérapie familiale ?

Je préfère dire entretiens familiaux plutôt que thérapie familiale ; on doit entretenir de nombreuses choses, de la maison en passant par la voiture jusqu’aux relations et, la famille peut aussi bénéficier d’un entretien.

La thérapie familiale systémique s’est démarquée petit à petit de la psychanalyse. Nous ne voulons pas affirmer que tel agissement est la cause directe de telle difficulté. Les causes étant souvent multiples, nous nous attachons davantage à analyser face à une difficulté le contexte dans lequel elle est apparue, ce qui favorise une meilleure compréhension des uns et des autres sans chercher de coupable et nous le faisons dans l’objectif d’aider la famille à se reconstruire un équilibre et une unité avec ses potentialités propres.

Un « tri générationnel » aide chacun a se retrouver bien à sa place

Dès la 1ère rencontre avec la famille nous devons lui prouver que nous ne jugeons personne, surtout parce que ce premier rendez-vous a souvent été pris à l’initiative d’une seule personne (en général la mère qui a plus ou moins « tiré » les autres) ; lors de ce premier rendez-vous, nous devons donc poursuivre le travail fait par celui qui a convaincu les autres de venir, nous devons établir une relation avec chaque membre de la famille, que chacun se sente en confiance,et même plus, intéressé, motivé pour revenir, parce qu’il aura été vraiment concerné par ce qui s’échange. C’est ce que nous gagnons presque à chaque fois. Un des savoir- faire de la thérapie familiale que j’aime énormément, c’est qu’il nous faut même être partial avec chacun des membres de la famille que nous recevons, c’est bien plus efficace qu’une neutralité bienveillante, ceci bien entendu en soutenant le parent dans sa fonction parentale et les enfants dans leur génération d’enfant ; il nous faut ainsi avec délicatesse favoriser ce que nous appelons un « tri générationnel » aidant chacun a se retrouver bien à sa place.

Ecouter la perception de chacun donne des pistes de solutions

Les séances suivantes nous permettront de percevoir les règles de fonctionnement de la famille règles qui étaient peut être adaptées à une époque et peuvent ne plus l’être par la suite, les membres de la famille et les situations de vie ayant évolué.

En moyenne le nombre de rendez-vous est de 3, il arrive même qu’une seule séance suffise à débloquer des situations pas encore trop figées dans lesquelles le simple fait de se poser en famille et d’écouter la perception de chaque membres de la famille donne des pistes de solutions ou réenclenche la solidarité ; des situations plus compliquées ne demandent rarement plus d’une dizaine de séances.

Quand des blessures semblent inscrites plus profondément ou dans une problématique qui traverse les générations, je peux proposer d’organiser ce que l’on appelle une reconstruction familiale qui se différencie des simples entretiens familiaux par la participation de personnes extérieures à la famille qui viennent aider et tenir certains rôles de personnages importants dans la vie de la personne pour qui on organise cette séance de reconstruction familiale.

La reconstruction familiale

Nous pouvons nous retrouver bloqués dans certaines situations de vie, nous répétons alors des conduites réflexes : soit nous pouvons être tentés d’arrêter tout, de fuir ou d’attaquer, également de régler le problème mais avec une dépense d’énergie disproportionnée par rapport à la situation. Ces mécanismes sont empruntés à des modèles dans notre entourage ou ont été justifiés à un moment donné de notre histoire mais peuvent par la suite devenir encombrants et même nous empêcher d’avancer. Une situation relativement banale (mais sans doute en lien avec une situation plus dramatique) peut réveiller une mise en œuvre de stratégies non efficaces.

Vers une force nouvelle

La reconstruction familiale permet de mettre en lumière ces liens et mêmes ces fidélités, de les reconnaître. L’aide des participants facilite une sorte de mise en scène de la situation. L’empathie du groupe permet à la personne qui fait sa reconstruction familiale d’être comprise et de revenir sur l’origine du blocage et sur les circonstances de l’installation d’une blessure profonde.

Avec les représentants, on règle les problèmes des relations, les questions de places dans cette situation, on prend acte des injustices ; souvent il y a des réconciliations dans ce contexte. Ainsi par la suite cette compréhension plus juste permettra de vivre son trajet de vie actuelle et future, sans être comme tiré en arrière mais au contraire les passages pourront se traverser avec une force nouvelle.

GUILLEMETS




Il faut, avec délicatesse, favoriser ce que nous appelons un « tri générationnel » aidant chacun à se retrouver bien à sa place.

Face à une difficulté, analyser le contexte dans lequel elle est apparue.

Plutôt que d’entretenir une neutralité bienveillante, il est plus efficace de savoir être partial avec chacun des membres de la famille que nous recevons.

GUILLEMETS


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